« culturenego » : le blog de la négociation & gestion de conflits

C’est la rentrée … mais je n’ai pas envie de travailler !!!

Ah les vacances … On ne s’en lasse pas ! On s’est libéré l’esprit, on a débranché nos neurones le temps de nos congés. Que ce soit à la plage ou à la montagne, en immersion dans l’harmonie de la nature ou dans la richesse culturelle de la ville, au bout du monde ou bien tranquille chez soi, les vacances sont en toutes circonstances l’occasion pour nous de s’accorder un droit au bien-être, un droit à s’occuper de soi.
Seulement, comme toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin, il faut bien un jour troquer de nouveau nos tongues pour nos escarpins/chaussures cirées, au grand dam de nos orteils qui se complaisaient tant à s’écarquiller librement dans le sable … Fini la liberté ?

Il est donc venu l’heure de la reprise, et vos doigts de pied ne sont pas les seuls à se révolter : comment se replonger dans l’esprit du travail après les vacances ? Comment ne pas se sentir écrasé par la compression générale : celle de vos extrémités, mais aussi celle de la ville tumultueuse et des transports en commun que vous abhorrez, et enfin, celle de vos obligations professionnelles qui vous extirpent de la dolce vita pour rebasculer dans une notion de devoir ?

1. Trouver un équilibre entre le droit du soi et le devoir professionnel

Les vacances sont l’expression du plaisir, du droit au soi. On s’autorise alors à débrayer pour se faire du bien : on voit ses amis, on fait la fête, on fait trempette, on randonne, et on fait la grasse matinée jusqu’à pas d’heure si cela nous chante. A l’écoute de notre instinct, on se revitalise.La reprise du travail est alors l’occasion de capitaliser sur tous ces moments de détente : tandis que je me laissais être, à quels besoins ai-je répondu pour me procurer ainsi une telle vitalité et une telle tranquillité d’esprit ? Quelles sont mes motivations intrinsèques ? Ce n’est pas parce que l’on retourne travailler que l’on cesse pour autant d’être à l’écoute de soi. Prenez le temps de conscientiser le nécessaire équilibrage entre la notion de droit (au soi), et celle du devoir (professionnel). Les vacances sont finies, certes, mais nous ne devrions pas pour autant basculer entièrement dans la contrainte, mais au contraire préserver une certaine marge d’auto consécration.

2. Adopter un « doudou » pour adulte en mal de vacances

Les adultes sont de grands enfants qui fonctionnent sensiblement comme leurs chérubins. Aussi pour faire durer le plaisir des vacances, adoptez un « doudou » ! Pour cela, il suffit de mettre en place un ancrage sensoriel. Vous avez certainement une photographie de vos vacances que vous chérissez particulièrement, celle-ci constituera un fond d’écran idéal. Vous pouvez également vous référer à un objet : un coquillage, une petite fiole de sable ou un bon thé ramené de Chine. Laissez voguer votre imagination en mettant vos cinq sens à contribution : ce peut être également la musique d’un festival, une odeur de Tiaré …

Lorsque vous vous sentirez en état de stress, dans la pression de bien faire pour répondre à vos obligations, raccrochez-vous à cet objet, pour vous dire « C’était bien ! Cette image me renvoie à un moment radieux de ma vie, et me conforte dans l’idée que je recommencerais, je retournerais dans cet endroit fabuleux qui m’a tant apporté … mais pour ça, il faut que je travaille ! ». Cet ancrage qui vous a ému et que vous emportez avec vous est rassurant et vous donne une force motrice pour redémarrer du bon pied.

3. Partager avec les autres son retour de vacances

Plutôt que de vous replonger tête baissée dans vos Powerpoints, accordez-vous donc une transition en douceur, par le biais d’une petite escale à la machine à café, à la rencontre de vos chers collègues. Ces derniers ne vous auront peut-être pas particulièrement manqué, mais vous prendrez certainement plaisir à les retrouver, et à leur faire part des multiples expériences qui ont agrémenté vos congés. Si c’est dur de revenir travailler, alors probablement avez-vous besoin de partager aussi ce ressenti qui doit être entendu. Les Autres sont alors une source de soutien inestimable, surtout que comme vous, eux aussi sont probablement chagrinés de s’être détourné de leur petit coin de paradis. Le partage ne s’entend pas sans réciprocité, intéressez-vous donc également aux états d’âme de vos collègues. Comment ça s’est passé pour eux ? Peut-être ont-ils aussi de croustillantes anecdotes qui ne manqueront pas de vous égayer avant d’allumer votre PC.

N’hésitez pas non plus à apporter un de ces petits saucissons corses qui vont ont régalé pendant vos vacances. En prenant ainsi du plaisir avec les autres, vous vous autorisez à faire perdurer ce petit goût fumé, cette odeur de Monoï qui vous manque déjà. Consignez ces dernières saveurs, partagez-les avec vos collaborateurs pour enfin vous poser la bonne question : comment allons-nous nous y remettre ensemble ? En effet, vous n’êtes pas seul. Eux aussi se sont déconnectés le temps d’un break estival, ont vécu des aventures et ne sont probablement pas non plus ravis d’emprisonner leurs pieds dans des mocassins vernis.

4. Se ressourcer, pour être bien avec les autres.

Si vous n’êtes pas dans le lien social, le risque est grand de rater de votre rentrée. Il est donc primordial d’instiller cette notion de plaisir dans la relation professionnelle, à l’aide de votre petit saucisson ou d’un bon vin de Bandol. Cependant, cette notion de plaisir ne doit pas se limiter uniquement au partage avec ceux qui vous entourent. En effet, il ne s’agit pas de faire primer le collectif sur son bien-être personnel : vous ne serez en mesure de bien donner aux autres qu’à partir du moment où vous vous êtes occupé de vous d’abord.

Ainsi, vous vous devez de rendre vos livrables à temps, de répondre à votre direction et d’aider les uns et les autres à travers le prisme de la coopération car en tant que professionnel, il est de votre devoir d’adopter cette rigueur et ce respect envers autrui. Pour autant, autorisez-vous le droit de vous faire plaisir de temps en temps, selon un petit calendrier que vous définirez à la fin de cet article. Essayez d’établir un fonctionnement en mode projet : tous les mois, accordez-vous un petit « kif » mensuel ou bi-mensuel (une séance de massage, un traiteur asiatique savoureux, une session shopping, un rendez-vous téléphonique avec votre aimé(e) …). Ne culpabilisez surtout pas pour ce petit moment d’isolement à vous retrouver avec vous-même : l’objectif se veut estampillé « plaisir égoiste », car une fois ressourcé, vous ne vous trouverez que d’autant mieux avec les autres, paré à affronter n’importe quelle épreuve.

Vous l’aurez compris, il s’agit avant tout de positiver. Un bien grand mot nous direz-vous, surtout lorsque la nostalgie des vacances révolues vous assaille … Pourtant, c’est bien cette attitude positiviste qui fera le salut de votre réinsertion dans l’open-space, car cette transition se joue essentiellement sur le mental. Imaginez-vous enfant, la veille de la rentrée des classes, vous êtes paralysé devant l’inconnu et tentez de trouver un soulagement auprès de vos parents. Votre papa vous dit : « Dès demain c’est du sérieux, il va falloir bien écouter la maîtresse et bien étudier tes leçons ». Votre maman, elle, tente une autre approche : « Tu vas pouvoir rencontrer plein de copains, partager de bons moments avec les autres enfants, découvrir une nouvelle maîtresse qui vas t’apprendre plein de choses … ». Sans vouloir faire le jeu de stéréotypes genrés, votre maman ne vous semble-elle pas plus avisée dans l’expression de ses paroles réconfortantes ? N’oubliez pas les mots de réconfort de compréhension et de bonheur pour celui les reçoit. Dans un cadre professionnel, il en va exactement de même. Et si vraiment vous n’êtes pas convaincu, alors il ne vous reste plus qu’à prendre votre mal en patience … jusqu’aux prochaines vacances !!!

Catherine Silvestrin

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