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Fashion Police des éléments de langage au bureau

Fashion Police

C’est la fashion week ! Comme le disait si bien Bourdieu, « Les goûts sont les dégoûts des goûts des autres ». On ne questionnera donc pas ici le style douteux de notre collègue Hervé et de sa cravate à pois préférée. En revanche, il est de ces façons de s’exprimer en entreprise qui passent… ou pas ! Petit précis langagier pour éviter les fashion faux pas.

Temps de lecture : 4 min  

« ASAP » -> FLOP fashion

Inutile de se donner un air faussement international quand on s’exprime dans la langue de Molière, ça n’a pas le même impact. Et puis, nos univers professionnels sont déjà suffisamment saturés d’acronymes pour ne pas avoir besoin d’en rajouter une couche. Last but not least (vous voyez ? Ça sonne faux !), on n’aime pas l’injonction d’urgence véhiculée par la formule.

 

« Merci de …» -> SUPER FLOP (depuis toujours)

« Merci » sert à exprimer sa gratitude face à une demande satisfaite. Alors quand vous avez une requête à faire, merci de l’assumer pleinement en préférant un « s’il vous plait ». Simple. Efficace.

 

« Avec plaisir » -> TOP !

Quel plaisir de faire plaisir ! Même s’il y a parfois abus de langage (soyons honnêtes, c’est pas toujours une sinécure de relire la note de synthèse d’un·e collègue, surtout le vendredi à 18h), la notion de plaisir est agréable, pour soi comme pour les autres. On dit OUI !

 

« Chief Happiness Officer » -> FLOP …

Le baby-foot c’est comme le vélo d’appartement : c’est marrant une fois, mais on s’en lasse très vite ! Comme l’expliquait notre experte Stefanie Reetz dans un précédent article, le concept de bonheur est trop subjectif pour être défini collectivement dans une entreprise. Si la qualité de vie au travail est un vrai bon objectif pour toute organisation, le bonheur lui relève de la responsabilité individuelle.

 

« Tu en penses quoi ? » -> TOP !

Notre degré d’adhésion à une décision est proportionnel à notre degré de participation à son élaboration. On s’en rend de mieux en mieux compte à l’ère de l’entreprise dite « libéré », la co-construction est bénéfique à tous les niveaux : sur le plan individuel on se sent valorisé·e lorsqu’on est écouté·e et sur le plan collectif, la confrontation des points de vue est une réelle opportunité d’enrichissement (qu’il faut néanmoins apprendre à gérer !).

 

BV (pour « Bien Vouloir ») -> FLOOOOP !

Au secours ! Le mauvais goût dans toute sa splendeur : acronyme, injonction déguisée et mauvais français… L’expression est timide (encore une fois, il est important d’assumer la teneur de sa requête en la formulant explicitement) et un peu vieillotte. Pour preuve  : « Je vous prie de vouloir bien dire à Raymond que le corporate novlangue ne lui donnera pas un air plus jeuniste ! »

« Ce n’est pas de ma faute » -> Bien essayé … mais FLOP !

Il suffit de penser à cette phrase d’Éric Blondeau, expert des mécanismes comportementaux et décisionnels : « Nous sommes à 100% responsables de 50% de la relation ». Prendre une part de responsabilité dans une situation insatisfaisante, c’est se donner du pouvoir pour changer les choses à l’avenir.

 

« Merci » -> SUPER TOP x 1000

Nul besoin d’être un·e disciple de la psychologie positive pour apprécier le pouvoir de la gratitude. Que ce soit dans une optique d’auto-consécration ou de lien social, la reconnaissance est, d’autant plus dans nos organisations, vitale pour notre bien-être. C’est d’ailleurs le premier facteur de qualité de vie au travail… Et c’est totalement gratuit !

 

Valentine Poisson

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