Les émotions : quoi, pourquoi, comment ?

On dit volontiers qu’il faut apprendre à « gérer ses émotions »… Gérer ses émotions, vraiment ? Selon le dictionnaire, se gère ce qui s’administre conformément aux intérêts de qui le possède. Or, les émotions ne sont ni une possession ni une manifestation d’intérêts. 

Une émotion, ce n’est rien d’autre qu’un signal indiquant si un besoin est ou non satisfait. 

De ce fait, l’émotion s’accueille bien plus qu’elle ne se gère. Elle s’accueille à travers l’écoute de soi et la reconnaissance du besoin avec lequel elle entre en résonnance. Et cela sans jugement : il est vain, par exemple, de se reprocher d’avoir peur ou d’être triste. Les sensations de la peur ne disent rien de la personnalité ou des aptitudes de l’individu. Elles ne disent rien non plus de sa capacité à rationaliser (de ce fait, se convaincre que « la peur n’évite pas le danger » n’est guère efficient quand la peur est là). La seule raison qui vaille, en réalité, quand est face à son émotion, c’est celle de la quête du besoin sous-jacent : la question n’est pas tant « de quoi j’ai peur ? » ni « pourquoi j’ai peur ? » (et encore moins « qu’est-ce que j’ai qui tourne pas rond,  à avoir peur comme ça ? ») mais bien « qu’est-ce qui me manque pour me sentir plus serein ? ».

Dans la démarche d’accueil des émotions, se joue un travail sur soi mais aussi les conditions d’une écologie relationnelle avec les autres : en effet, pouvoir identifier simplement son besoin, c’est aussi se donner de plus grandes chances de formuler des demandes explicites et lisibles de façon à laisser à autrui l’espace nécessaire pour apporter sa part de réponses. En cela, accueillir ses émotions (et celle des autres) pour ce qu’elles sont, c’est déjà favoriser l’entente, renforcer l’empathie, augmenter le niveau de compréhension mutuelle et faciliter la résolution des conflits. 

Alors, prêt à accueillir vos émotions ? Là tout de suite, par exemple, que ressentez-vous ? Parce que, oui, les émotions sont là en permanence, ni négatives ni positives par essence, mais seulement le baromètre de notre équilibre au quotidien. Prenons donc de temps en temps un moment pour consulter cet outil de navigation dans l’existence, pour mieux profiter des heures radieuses et appréhender plus sereinement les intempéries. 

Marie Donzel

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