Anaïs Koopman
Anaïs Koopman
22 décembre 2021
Temps de lecture : 5 min

Welcome to the Jungle, ou comment démocratiser le full remote et le flex office. Interview de Mathilde Fontaine, Senior HR Business Partner.

Parler de flexibilité au travail est une chose, oser la matérialiser en est une autre. Welcome to the Jungle, jobboard et média en ligne autour du travail et de l’emploi, fait partie de ceux qui s’essayent à l’aventure. Pour aller plus loin sur le thème du télétravail et du flex office, nous avons donc souhaité mettre en lumière un écosystème qui nous parle. Mathilde Fontaine, Senior HR Business Partner répond à nos questions à ce propos. Depuis son arrivée au sein de l’entreprise en juin dernier, Mathilde suit les collaborateurs de l’entreprise de leur onboarding (ou entrée dans l’entreprise, ndlr) à leur offboarding (l’équivalent de leur sortie, ndlr). Ainsi, le « bureau de demain » n’a plus aucun secret pour elle.

Avant tout, quelle est votre politique post-Covid chez Welcome to the Jungle, en ce qui concerne l’organisation du travail en termes d’espace ? 

Quand j’ai pris mon poste, à la suite des confinements respectifs, s’est posée la question du remote (télétravail à 100%, ndlr) post-pandémie. Mon équipe et moi nous sommes posé les questions suivantes : que souhaitons-nous proposer aux collaborateurs ? Quels sont leurs souhaits ? Comment y répondre ? Comment voit-on les bureaux aujourd’hui ? Le tout, en sachant que nous mettions un point d’honneur à garder l’ADN de l’entreprise intacte, avec forcément sa dimension sociale. Ce qui s’est donc vite dégagé de nos échanges, c’est la nécessité de pouvoir se retrouver et mener des projets ensemble, quelle que soit l’organisation choisie. Nous avons vraiment conscience que c’est en travaillant ensemble que les sujets avancent. Ainsi, que les employés choisissent le full remote, le flex office ou le présentiel, chaque « formule » choisie doit coller avec la manière dont on collabore. Nous avons donc décidé de ne pas faire les choses de manière figée, ni vis-à-vis des contraintes sanitaires, ni en fonction des contraintes organisationnelles. En d’autres termes, nous souhaitons répondre aux ambitions de croissance de la boîte tout en maintenant une attention aux équipes et à la dimension humaine du projet Welcome to the Jungle. 

Finalement, cette nouvelle organisation semble être co-créée avec vos collaborateurs ?

C’est exactement ça. Notre rôle est de mettre à disposition les outils et la flexibilité nécessaires à chacun pour que chaque membre de l’entreprise puisse choisir la manière dont il veut travailler, et toujours à condition de respecter les rituels mis en place par les managers et leurs équipes. D’ailleurs, chaque équipe a ses propres modes de fonctionnement. Pour cette raison, nous prenons en compte les besoins des équipes, et des collaborateurs de manière individuelle pour en tirer des besoins collectifs de bien-être, de créativité et d’épanouissement professionnel et personnel. 

Comment cela se matérialise-t-il au quotidien ? 

Nous avons un accord d’entreprise qui date d’avant la pandémie, permettant aux collaborateurs de travailler à moitié dans les locaux et à moitié en télétravail. Aussi, ceux qui le veulent peuvent formuler une demande de passage en full remote s’ils peuvent le justifier par des besoins personnels, tandis que d’autres peuvent être directement recrutés 100% à distance. Post-covid, nous avons souhaité aller plus loin en lançant une étude nous permettant d’accélérer les choses et de revoir cet accord dès le 1er trimestre de l’année 2022, afin de donner encore davantage de souplesse aux équipes. Concrètement, nous aimerions que tous les collaborateurs puissent avoir recours au full remote, quel que soit leur emploi et leur profil, sans avoir à le justifier sur un plan personnel. L’objectif est que chacun trouve son compte dans son équilibre de vie pro-perso. 

N’y a-t-il pas quand même un minimum de conditions à respecter pour travailler 100% à distance ?

Si, certainement. D’abord, on exige la présence de nos collaborateurs dans les locaux au moins une fois par mois, voire une fois par trimestre s’ils sont vraiment loin. Même si on leur demande d’être complètement autonomes dans leur métier, ils doivent cependant adopter une logique de travail d’équipe, même à distance, en conservant des réflexes et des rituels, tels que la participation aux projets, aux réunions… bref, on attend d’eux le même niveau d’implication que s’ils étaient en présentiel. Enfin, on s’assure avant tout que leur environnement de travail hors des murs de l’entreprise soit propice au full remote, aussi bien en termes d’équipement que de connexion internet, d’espace, etc. Nous ne souhaitons pas que l’un de nos collaborateurs travaille sur un bout de table dans la cuisine, avec un débit internet limité… ! Nous leur proposons d’ailleurs des solutions quand cela est nécessaire. Par exemple, nous collaborons avec des partenaires qui nous aident à évaluer leurs besoins afin qu’ils travaillent de chez eux de la manière la plus optimale. Nous allons même jusqu’à leur financer une place dans un espace de coworking. C’est aussi une façon pour nous de nous positionner toujours plus sur l’employee experience. 

Et pour ceux qui souhaitent avoir recours au flex office ? 

Dans ce cas-là, s’ils ne souhaitent pas venir tous les jours, on leur demande d’être présents au moins une fois par semaine au bureau. Lorsqu’ils viennent, même si chacun peut s’asseoir où il veut, on constate que beaucoup gardent la même place, pour un minimum de repères, même s’ils ont aussi la possibilité de bouger d’étage en étage, d’équipe en équipe. Des casiers sont à disposition pour ranger ses affaires en cas de changement de bureau ou d’absence.

À quoi ressemblent vos bureaux ? 

Aujourd’hui, les bureaux collent avec l’ambiance voulue : un beau mix entre le travail individuel et le travail d’équipe. Ici aussi, on fait tout pour que les locaux répondent aux besoins des équipes. Ainsi, on souhaite permettre aux collaborateurs d’avoir des espaces pour se réunir, d’autres plus calmes, d’autres encore qui stimulent leur créativité… L’idée est également de créer des bureaux attractifs qui donnent envie d’y travailler, alors on a beaucoup joué sur l’esthétisme et le design du lieu, ainsi que sur sa localisation (en plein centre de Paris, ndlr). Pour autant, nous avons encore des choses à améliorer, c’est encore un chantier en cours ! Nous manquons encore d’espaces de réunion – ceux que nous utilisons actuellement ne sont pas assez isolés -, d’espaces de collaboration, de brainstorming, d’équipements tels que des écrans fixes sur chaque bureau.

Avez-vous fait en sorte que les bureaux soient le reflet de nos intérieurs, surtout après les confinements ? 

Pas forcément : même si l’aspect cosy est important, nous constatons que malgré les canapés mis à disposition, la plupart bossent sur un bureau ! Ils ont quand même leur succès lors des pauses café…

Constatez-vous des contraintes à toute cette flexibilité (full remote, flex office, etc.) ? 

J’en vois seulement d’un point de vue juridique. De toute façon, la liberté nécessite toujours d’avoir le bon cadre. Aussi, c’est important de recevoir l’avis de chaque membre et de chaque équipe, pour faire du cas par cas, chaque métier ayant ses contraintes, chacun ayant  sa manière de bosser, de se projeter. De plus, il faut du temps pour opérer un tel changement : on ne peut pas tout révolutionner du jour au lendemain, surtout dans les projets qui mêlent du pro et du perso. On a conscience que c’est un projet ambitieux, on compte donc bien se donner les moyens d’y parvenir sur le long-terme, aussi bien pour le bien-être des équipes que pour le futur de l’entreprise et la créativité qui en découlera.

Finalement, quelle conclusion tirez-vous de ce « chantier » ? 

C’est encore un  projet en cours de construction !  En tout cas, on a vite vu que le Covid a accéléré cette envie de souplesse, aussi bien de notre part que de celle de nos équipes. Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes : avant le Covid, le full remote concernait environ  15% des effectifs, tandis qu’aujourd’hui, cela concerne entre 20 et 25% de l’entreprise. Cela s’explique en partie par le fait qu’on ait pu constater pendant les confinements que oui, on pouvait travailler autrement en étant tout aussi efficaces dans nos relations et dans nos projets ! Enfin, ça fait partie de la nouvelle vie post-Covid de savoir qu’il y a des talents de partout en France et dans le monde et qu’on peut les recruter, même à distance ! 

Propos recueillis par Anaïs Koopman

Anaïs Koopman
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J'écris, donc je suis... et j'ai des idées, aussi !
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